A découvrir ou redécouvrir. Cet article fait suite à une série consacrée aux plantes sauvages comestibles de Martinique. Pour glaner en toute sécurité, pensez à relire les bonnes pratiques de cueillette dans la première partie. Certains fruits ne se trouvent que dans la nature… quand d'autres sont également cultivés et en vente à la pépinière (icaquier, abricot peyi etc). Mais attention, contrairement à une croyance encore tenance, tous les fruits consommés par les oiseaux ne sont pas forcément bons pour nous. Suivez le guide!
Les fruits sauvages de Martinique

Figuier de barabarie, cactus raquette (opuntia cochenillifera): fruits consommés crus, attention a l'enveloppe piquante qu'il faut enlever. Les raquettes peuvent être consommées cuites ou grillées
Ti koko (Randia aculeata): les fruits blancs à maturité sont comestibles. On le trouve dans les forêts sèches et les zones littorales.
Zikak (Chrysobalanus icaco): le fruit est consommé tel quel ou en confiture. On le trouve en arrière plage.
Raisinier bord de mer (Coccoloba uvifera): les raisins sont comestibles à maturité (rouge). On peut en faire des gelées, des punchs. On le trouve sur les plages sableuses, mais aussi parfois planté en ville comme arbre d'ornement. A une certaine époque, les enfants en faisaient des cornets avec des feuilles de raisinier pour gagner quelques pièces.
Cocotier (Cocos nucifera): originaire du Pacifique il est naturalisé sur nos plages. On consomme l'eau de coco, la chair, on en fait également le lait de coco et on en extrait de l'huile. Du vin de palme est fabriqué à partir du liquide fermenté s'écoulant d'une incision à la base de l'enveloppe de l'inflorescence.
Abricot peyi (Mammea americana): cultivé, on le trouve également en forêt humide. Les fruits sont consommés tels quels ou en sorbet, confitures, jus… La qualité des fruits est très variable par semis. On préfèrera acquérir un arbre greffé qui garantira la qualité des fruits et qui portera bien plus vite (sinon 6 à 12 ans pour un arbre planté à partir du noyau! Il faut être très patient).
Mombin (Spondias mombin): cultivé, on le trouve aussi en bordure de forêt ou de rivières en zones moyennement humides. Consommé sous forme de fruit, de confiture, mais plus connu pour … le punch.
Génipa (Genipa americana): cultivé, on le trouve aussi en forêt sèche à moyennement humide. Le fruit bien mûr est comestible et peut être consommé tel quel ou en sorbet, compote, jus…
Jujubier (Ziziphus mauritiana): naturalisé en zone sèche, le fruit mûr est consommé tel quel ou entre dans la composition de liqueurs.
Pomme chien, Nonni (Morinda citrifolia): c'est le jus des fruits verts qui est consommé car une fois mûr, le fruit dégage une odeur désagréable qui lui a valu son nom vernaculaire. Originaire D'Asie et d'Australie, il s'est naturalisé en zone sèche sur le littoral en Martinique. A ne surtout pas laisser mûrir dans votre corbeille à fruits!
Cachiman (Annona reticulata): on le trouve dans les forêts littorales (500m altitude). Il est également cultivé, mais de moins en moins présent dans les vergers. C'est un arbre qu'il faut penser à préserver.
Amandier (Terminalia catappa): les enfants s'amusent à casser les noyaux pour manger l'amande comestible. On le trouve sur le littoral. C'est un arbre naturalisé originaire de Malaisie.
Cacaoyer (Theobroma cacao): cultivé, il pousse aussi à basse altitude dans les lieux humides et ombragés. On consomme la pulpe dde la cabosse, mais aussi bien sûr les fèves de cacao telles quelles torréfiées et sucrées ou transformées en bâton caco pour une boisson chocolatée.
Monstera deliciosa: aussi cultivée, et peut-être même à côté de votre TV dans votre appartement, c'est avant tout une épiphyte que l'on retrouve en forêt tropicale. Le fruit mûr (appelé Cérimon) est juteux, sucré avec un goût de banane. Il se consomme cru ou cuit. Ne pas consommer le fruit vert, riche en oxalates
Châtaigner marron (Pachira aquatica, P. glabra): ce grand arbre est une espèce naturalisée de nos forêts des Antilles (et de la Guyane aussi). On le trouve en bord de rivière. Ses graines sont consommées crues, grillées ou bouillies comme les châtaignes des pays tempérés. Elles peuvent, une fois réduite en poudre être un ersatz de cacao! Les jeunes feuilles sont comestibles une fois cuites. A noter que le châtaignier peyi (Artocarpus altilis seminifera), cousin de l'arbre à pain a des fruits qui se consomment également comme les châtaignes d'Europe.
Fruit du bakoua: on le voit chaque année dans l'émission Koh lanta, les aventuriers sont bien content de le grignoter cuit pour changer du manioc.
Des courges sauvages en Martinique

Coccinia grandis: originaire d'Afrique et d'Asie, elle s'est naturalisée dans toutes les zones tropicales, y compris ici. Les fruits peuvent être consommés crus ou cuits, aussi bien verts que mûrs.
Cucumis melo var agrestis: c'est la variété sauvage du melon domestique. Bien plus petit, et ressemblant davantage à un concombre, il est relativement amer mais peut-être consommé en légume.
Des gousses comestibles dans la nature
Pois doux (Inga laurina): les gousses contiennent une pulpe sucrée au goût de miel. A déguster sur l'arbre ou à préparer en confiture, sirop, liqueur…
Poil à gratter, pois mascate (Mucuna pruriens): les graines sont riches en protéines et constituent un apport nutritionnel important dans certains pays. Elles doivent être blanchies plusieurs fois avant d'être consommées. Les gousses vertes sont consommées en légumes. Attention aux poils très urticants des gousses à maturité.
Zamana (Samanea saman): la pulpe des gousses est sucrée et peut être consommée.
Tamarinier (Tamarindus indica): cultivé, on le trouve aussi naturalisé sur le littoral sec. Avec la pulpe on fait un jus et des confitures. Sa pulpe est très utilisée comme condiment dans la cuisine asiatique. Les graines torréfiées sont un substitut de café.
Kaka beke (Senna bicapsularis): la pulpe sucrée est consommée en recrachant les graines. Comme avec Senna occidentalis (Casse puante) et Senna obtusifolia (Soumaké), les graines torréfiées peuvent être employées comme substitut du café.

Courbaril (Hymenea courbaril): la pulpe de cette gousse extrêmement solide peut être consommée, à condition d'arriver à l'ouvrir (il faut y aller au marteau!). On en fait même de la farine.
Des baies à cueillir en Martinique
Mahot bré (Cordia Collococca): ultra collante, elle est d'un rouge gélatineux appétissant et est effectivement comestible avec un petit goût sucré intéressant.
Bois cabri (Bourreria succulenta): les fruits sont comestibles, mais sans grande valeur gustative
Bois côtelette (Citharexylum spinosum): les fruits sont comestibles, mais présentent peu d'intérêt.
Cré-cré ou bonbon bleu (Clidemia hirta): baies comestibles et antioxydantes. On la trouve sur les bords de route et en prairies, en zones plutôt humides.
Fleur corail (Hamelia patens): au Mexique les baies servent à fabriquer une boisson alcoolisée. Elle est cultivée pour l'ornement mais on la trouve également à l'état sauvage.
Gros sureau (Acnistus arborescens): elle pousse en bord de route, en lisière de forêt en zone humide. Dans certains pays les fruits sont consommés en gelée. A ne pas confondre avec le sureau d'Europe.
Gros bouton, bouton d'or (Wulffia baccata): les fruits charnus sont appréciés des oiseaux et des enfants! Ils rentrent dans la composition du Paiwari une boisson fermentée des peuples amazoniens. On le trouve en lisière de bois.
Agoman (Solanum americanum): les fruits mûrs seulement pas les verts.
Petite Citronnelle (Triphasia trifolia): de la famille des agrumes, c'est une plante devenue envahissante, donc il ne faut pas hésiter à consommer les fruits. Ils peuvent se faire en confiture en cas de collecte généreuse.
Les passiflores, une famille qui offre plusieurs fruits comestibles
La Barbadine (Passiflora quadrangularis) et le Maracudja (Passiflora edulis) font partie de cette même famille des passiflores et sont cultivées pour leurs fruits. Mais il en existe d'autres aux fruits plus modestes, mais également comestibles:

Passiflore poc-poc (Passiflora foetida): dans les haies, broussailles et décombres où elle grimpe. Le fruit est petit mais la pulpe est bien comestible. Elle est aussi appelée passiflore fétide en raison de l'odeur désagréable de ses feuilles froissées.
Pomme liane (Passiflora laurifolia): cultivée, on la trouve également en lisières de forêts sèches. Le fruit est riche en vitamines C et B5.
Pomme liane bâtarde (Passiflora suberosa): en zone sèche ou moyennement humide. Le fruit est comestible mais pas aussi intéressant gustativement que la pomme liane.
Cet article fait partie d'un dossier complet sur les plantes sauvages comestibles de Martinique. Retrouvez les autres parties en cliquant sur les liens:
2- les aromates et substitut aux épices dans la nature,
3- les fruits et baies à glaner
4- les fleurs comestibles en Martinique (à venir)
5- les racines (à venir)
Les jardiniers-pépiniéristes de la pépinière des Trois Ilets vous attendent pour des conseils de plantation et d'entretien de votre jardin en Martinique ! Tél: 0596 68 61 59Questions fréquentes
De nombreuses plantes peuvent être cultivées en pot, et vous retrouverez cette indication sur nos fiches, dans le catalogue des plantes de la pépinière. La seule condition est de choisir un contenant adapté: un citron punch peut être cultivé en pot, mais un pot de taille XXL contrairement à un plant de basilic qui pourra se satisfaire d'un pot de 3l.
Ensuite, il y a des contraintes particulières à la culture en pot, à commencer par le choix du substrat et surtout un bon drainage: il faut éviter l'excès d'humidité. Pour ça, une couche de pierre ponce est idéale au fond du pot. Ensuite, il faudra surveiller plus régulièrement l'arrosage, car les plantes en pot sèchent plus vite qu'en pleine terre et n'oubliez pas de faire un apport d'engrais régulier. Enfin, certaines plantes devront être rempotées régulièrement (une vidéo sur le rempotage ici).
Bon à savoir: A la pépinière des Trois-Ilets, vous choisissez votre plante, le terreau, un pot et les pépiniéristes font le rempotage sur place pour vous, c'est gratuit.
Pour favoriser la bonne croissance de votre plante, il faut toujours choisir un emplacement adapté à ses besoins. Vous retrouverez dans les fiches du catalogue de la pépinière les indications pour chacune d'entre elle (ombre, mi-ombre ou plein soleil). Attention, en Martinique, une exposition plein soleil dans le Nord équivaut à une exposition mi-ombre dans le Sud où la chaleur est plus marquée.
Avant de planter, observez attentivement l’emplacement choisi : durée d’ensoleillement, soleil du matin ou l'après-midi, exposition aux vents, chaleur réfléchie par les murs ou proximité de la mer peuvent influencer le développement de la plante. N'hésitez pas à partager vos observations avec le pépiniériste-conseil quand vous passerez acheter votre plante: il confirmera votre idée ou vous proposera selon les cas une plante mieux adaptée à vos contraintes et qui s'épanouira dans le temps. Cela évite bien des déceptions!
Certaines plantes fleuries peuvent attirer les colibris grâce à leurs fleurs riches en nectar, leurs couleurs vives et leur période de floraison. Les espèces aux fleurs tubulaires ou très colorées sont souvent particulièrement appréciées par ces petits oiseaux. En savoir plus sur les espèces qui attirent les colibris en Martinique en cliquant ici (liste complète).
Le Domaine Château Gaillard
en Martinique est accessible aux personnes en fauteuil roulant.