En général, elles sont très belles et pour cause: souvent, les EEE (Espèces végétales Exotiques Envahissantes) sont introduites comme plantes ornementales dans les jardins et les espaces verts pour leurs qualités esthétiques. Leur succès, leur capacité à se reproduire, puis à coloniser le milieu naturel et à occuper la niche écologique des plantes indigènes en fait alors des EEE.
Entrant en compétition avec les plantes locales, elles occupent leur milieu, déciment leur pollinisateur ou les accaparent et posent un réel problème écologique. Parfois, sans le savoir, nous les y aidons. Attirés par ces plantes colorées aux inflorescences spectaculaires ou au feuillage coloré nous pouvons être tentés de récupérer une bouture de celle-ci ou une graine de celle-là pour notre jardin… et la boucle de la dissémination est bouclée. Dès lors, il est important d’identifier ces plantes problématiques, qui détruisent la biodiversité, modifient les milieux et menacent nos plantes indigènes.
Reconnaître les EEE en Martinique
La pépinière des Trois-Ilets a participé au titre de l’A3P2FM (l’association des pépiniéristes) à la rédaction d’un guide avec photos couleurs disponible gratuitement en version papier à l’accueil de la pépinière: demandez-le lors de votre prochain passage ou téléchargez-le gratuitement en ligne en suivant ce lien. Dans tous les cas, n’hésitez pas à diffuser largement autour de vous les informations qu’il contient.
Notre engagement en faveur de la biodiversité
La pépinière des Trois-Ilets s’engage pour la biodiversité en proposant le plus grand nombre d’espèces locales, indigènes et en refusant de vendre des espèces classées comme EEE ou à risque de l’être. Sur le site internet elles sont signalées par le pictogramme 🚫 afin de vous sensibiliser, même si elles ne sont pas en vente chez nous (elles peuvent malheureusement encore l’être ailleurs).
La pépinière des Trois-Ilets s’engage également à vous proposer des alternatives locales pour remplacer les plantes réglementées et envahissantes. Dans le cas de la langue de belle-mère ou sanseveria, toujours très demandée par nos clients, d’autres plantes robustes peuvent convenir, que ce soit une plante couvre-sol pour limiter les actions de désherbage dans le jardin, ou en intérieur comme plante de bureau.
Que faire si vous voyez une EEE dans le milieu naturel
Vous pouvez signaler la présence de plantes exotiques envahissantes à la DEAL via ce contact : eee972@developpement-durable.gouv.fr ou en cliquant sur le QR code ci-dessous, vous pouvez remplir le formulaire « enquêteur » en ligne et contribuer activement à la préservation de la biodiversité de notre île.
Que faire si vous avez une EEE chez vous
Vous êtes invité à détruire les EEE détenues dans votre jardin et à les évacuer en déchèterie en prenant soin d’éviter toute propagation durant le transport: bâchage du véhicule, nettoyage de celui-ci et du matériel qui a pu être en contact avec la terre et les graines.
Surtout, ne laissez pas les déchets verts en ravine ou sur le bord de la route: cela revient à laisser des boutures et des graines et accélérer leur propagation dans le milieu naturel, ce qui est encore pire que de les avoir dans votre jardin.
Pour beaucoup de personnes, avoir une EEE dans son jardin n’est pas si grave puisqu’elle considère qu’elle n’en sort pas. Or, si les plantes ne marchent pas, elles ont développé bien d’autres techniques pour coloniser d’autres territoires et même traverser les mers : graines flottantes qui vont être emportées à la prochaine pluie, graines légères (anémochores) emportées par le vent, semences transportées par les animaux que ce soit dans les poils ou… dans les selles ! Ce n’est pas un hasard si certaines plantes- invasives justement- ont pu coloniser la quasi-totalité des pays tropicaux !

La réglementation sur les EEE
Les sanctions sont lourdes et peuvent aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et une amende allant jusqu’à 150 000 euros, notamment dans le cas le plus grave de la libération d’une EEE dans l’environnement. Les réglementations à ce sujet sont récentes, et parfois encore ignorées. En 2018, un arrêté entre en vigueur pour mettre en application la réglementation européenne. L’introduction dans le milieu naturel qu’elle soit volontaire, par négligence ou même par imprudence de toute espèce non originaire du territoire de la Martinique est INTERDITE. Cet arrêté du 8 février 2018 précise la liste des espèces végétales originaires du territoire. Toute espèce n’appartenant pas à cette liste ne peut être introduite dans le milieu naturel.
L’année suivante, en 2029, une liste de 107 espèces végétales est publiée. Cette fois la liste concerne les EEE ou Espèces Exotiques Envahissantes. Pour ces 107 plantes, il est interdit à la Martinique de les importer, de les relâcher dans l’environnement, de les détenir, de les utiliser, de les échanger, de les transporter vivantes et bien sûr de les commercialiser. Le guide EEE réalisé par l’association des pépiniéristes a fait le choix de présenter l’ensemble de ces espèces même si certaines sont encore absentes en Martinique (elles sont signalées par la mention Absence 972, il s’agit de prévenir leur introduction). Une échelle d’invasivité est également proposée où les plus préoccupantes sont celles notées 3+, 4 et 5. D’ailleurs, le guide sur les EEE proposé par les DEAL ne mentionnent que ces dernières, soit une vingtaine d’espèces. Pour notre part, nous considérons qu’il est important de toutes les faire connaître, de manière à ne pas aggraver les problèmes déjà posé et notamment la pression sur notre biodiversité.
Références réglementaires :
- Arrêté du 8 février 2018 relatif à la prévention de l’introduction et de la propagation des EEE
- Arrêté du 9 août 2019 relatif à la prévention de l’introduction et de la propagation des EEE
En résumé, agissons ensemble pour préserver nos espèces locales et la biodiversité en Martinique:
- Je signale les EEE en milieu naturel
- Je détruis les EEE présente dans mon jardin
- Je ne rapporte pas de plantes exotiques dans mes bagages (risque d’être envahissante ou de transporter des maladies ou des insectes invisibles à l’œil nu)
- Je ne propage pas les EEE par le biais du troc ou d’achats auprès de vendeurs peu scrupuleux (ou mal informés)
- Je ne plante rien dans le milieu naturel
Questions fréquentes
En Martinique, un certain nombre de maladies font l'objet d'une surveillance comme le HLB sur les agrumes ou la fusariose du bananier par exemple. En cas de doute sur la maladie de votre plante, ne transportez pas d'échantillon au risque de participer à sa propagation: prenez des photos et demandez conseil. Pour les maladies courantes et les carences, la pépinière des Trois-Ilets saura vous répondre et vous orientera vers les traitements adaptés pour sauver votre plante. Pour le reste, l'organisme compétent est la FREDON- tel: 0596 73 58 88- contact@fredon972.org ou la DAAF.
Si votre arbre fruitier ne donne pas de fruits en Martinique, ça peut être dû à plusieurs choses:
- Âge de l'arbre : Un sujet issu de semis met souvent 5 à 7 ans à fructifier, contre 3 à 5 ans pour un plant greffé, c'est pour cela que nous privilégions la vente de plants greffés en pépinière
- Pollinisation : De nombreuses espèces nécessitent des insectes (abeilles). Si l'arbre porte des fleurs mais pas de fruits, c'est sans doute parce qu'elles ne sont pas pollinisées
- C'est un mâle: certaines espèces sont dioïques ou autostériles, il faut un pied mâle et un pied femelle pour avoir une fécondation
- Excès d'azote : Un apport trop riche en azote favorise le feuillage et le bois au détriment des fleurs et des fruits.
- Pas assez taillé : Les fruitiers doivent être taillés régulièrement pour laisser entrer la lumière. En plus ça limite les maladies
Votre plante, et surtout le dessous des feuilles, semble être couverte de "petites boules de coton" ? Au stade avancé, il y a une décoloration des feuilles ou une tâche jaunâtre?
Votre plante est envahie de cochenilles farineuses ! C'est fréquent quand le climat est humide et chaud comme au mois de septembre. Attention, une grosse infestation peut tuer une plante car la cochenille adulte se fixe sur la face intérieure des feuilles, sur les tiges et les troncs et piquent et sucent la sève.
Pour s'en débarrasser:
- les techniques de biocontrôle (la coccinelle est votre alliée)
- les produits de traitements (comme le savon noir)
- la lutte contre les fourmis (qui font l'élevage de cochenilles)


Le Domaine Château Gaillard
en Martinique est accessible aux personnes en fauteuil roulant.