Le BRF améliore la qualité du sol, sa structure et sa teneur en matière organique en favorisant la vie du sol.
Qu’est-ce que le BRF ?
Le BRF ou Bois raméal fragmenté est le résultat du broyage de rameaux et petites branches vertes issus d’arbres feuillus en général, d’un diamètre inférieur à 7 centimètres, avec ou sans feuilles.
Attention, le BRF est bien un amendement qui a pour objectif d’améliorer la qualité des sols, leur structure et leur richesse en matières organiques et en microorganismes utiles (microfaune, champignons et bactéries utiles). Il ne doit pas être confondu avec le bois sec, le bois de palettes broyées ou le mulch qui sont utilisés pour réaliser du paillage. Si le paillage a pour objectif de protéger le sol de l’érosion, de limiter l’évaporation d’eau et d’empêcher la repousse des herbes indésirables, le BRF va beaucoup plus loin qu’un simple « effet paillis ».
De même, il ne doit pas être confondu avec le compost qui apporte des nutriments utiles aux plantes, un peu à la manière des engrais, mais sous forme organique. Le BRF lui va stimuler le processus d’humification, un peu à la manière de ce qui se passe dans les sols forestiers. En d’autres termes, le BRF « crée » du sol dans un processus qu’on appelle aggradation (l’inverse de la dégradation) et va donc beaucoup plus loin que le simple apport d’éléments nutritifs : il enclenche le processus qui permet d'obtenir ces éléments nutritifs de manière autonome et durable dans votre sol, comme dans une forêt qui n'a pas besoin d'apports extérieurs pour se développer.

Comment fonctionne le BRF ?
Il a été utilisé pour la première fois dans les années 70 au Québec. Avant ces expérimentations novatrices, la branche d’arbre était considérée comme un déchet. C’est l’étude des systèmes forestiers, capables de produire des centaines de tonnes de biomasse à l’hectare sans autre intrant que l’eau de pluie qui a amené à cette simple question : comment ramener la fertilité forestière en milieu agricole. L’une des réponses est l’utilisation des BRF.
Il faut savoir que les cellules du bois sont protégées par la lignine (c’est ce qui rend le bois si dur et résistant) et que peu d’êtres vivants sont capables de briser cette molécule pour accéder aux sucres et protéines contenus dans les cellules. Les champignons en sont capables ! Les pourritures blanches notamment sont capables de transformer le bois en une masse blanchâtre composée de cellulose qui va être à l’origine de toute une chaîne alimentaire dans le sol (dont le vers de terre fait partie) et qui va améliorer la structure du sol, sa richesse en nutriments, sa richesse en eau et il va fixer davantage de carbone atmosphérique, ce qui n’est pas négligeable dans le contexte actuel du réchauffement climatique !
Ces champignons « décomposeurs » qu’on appelle aussi saprophytes car ils se nourrissent de matière organique morte sont déjà présents sur les rameaux naturellement via des spores invisibles à l’œil nu ou du mycélium présent dans le bois. Le fait de fragmenter les branches accélère leur développement et multiplie les surfaces d’échanges avec les décomposeurs, ce qui favorise le processus.
Puis-je faire mon BRF moi-même ?
Bien sûr, pour de petites surfaces, vous pouvez tout à fait fragmenter vous-même les résidus de taille de vos arbres ou de vos haies. Une taille grossière à la machette ou au coutelas est suffisante, les fragments peuvent faire de 1 à 10cm. Si les branchages sont de petits diamètres (moins de 2-3cm), il est possible d’étaler les branches sur le sol et de passer avec la tondeuse dessus pour les broyer sans effort.
Il est préconisé d’utiliser des BRF fraîchement broyés, mais il est possible de le conserver en petit tas pendant quelques mois. Il est aussi possible de conserver les branches (2 mois maximum si elles sont en sève) et de broyer en fonction des besoins. En général en Martinique, on taille après la récolte des fruits et avant le Carême pour anticiper la saison cyclonique et aider les arbres à passer la saison sèche.
La quantité à amener est 30 litre/m2 soit une épaisseur de 3cm. Evitez le contact direct avec le tronc des plantes. Il est possible d’épandre directement, sans préparation du sol. A noter, si le sol est caillouteux, il n’est pas nécessaire de retirer les cailloux car après un apport de BRF, ces derniers tendent à être enfouis dans le sol par l’activité des vers de terre ( !). Un arrosage léger selon la saison juste après la mise en place peut activer la décomposition.
Où acheter du BRF en Martinique ?
Si la surface à couvrir est importante, il peut être intéressant d’avoir un broyeur ou de recourir à une société qui en a un. C’est le cas du Domaine Château Gaillard qui vous propose du BRF à l’achat à partir de 1m3, issus des résidus de taille des chantiers paysagistes de nos équipes. N’hésitez pas à passer vos commandes par téléphone au 0596 68 15 68 (il n’est pas disponible en libre-service, ne pas le confondre avec le paillage).
!!!Jusqu'au 31 mai 2026, le m3 de BRF est à -50%, profitez-en (donc à 30€/m3 au lieu de 60€/m3)!!!

Quelles précautions à prendre avec le BRF ?
Il y a toutefois une précaution à prendre avec le BRF. C’est un phénomène que l’on appelle « la faim d’azote ». Lorsque le BRF a été correctement appliqué et agit efficacement, les décomposeurs font leur œuvre, les champignons se développent massivement et consomment l’azote contenu dans le sol. Ils choisissent la facilité, car c’est un composé bien plus facile à digérer que les grosses molécules de lignine qui protègent le bois. Par la suite, cet azote sera de nouveau disponible pour les plantes, à la mort des champignons, mais il faut compter un an. Or les plantes ne peuvent pas se développer dans un sol dépourvu d’azote à l’exception des légumineuses qui elles utilisent l’azote de l’air (pois, haricots, fèves). Mais si vous ne voulez pas cultiver de haricots, il faudra penser à apporter de l’azote sous forme d’engrais ou de compost pour cette première année. 1kg d’azote par mètre cube de BRF est la dose préconisée. La dépasser nuirait au processus d’humification et donc rendrait le BRF inopérant.
Précision importante, si les BRF sont disposés en paillis, c’est-à-dire ne sont pas incorporés aux premiers centimètres du sol, la faim d’azote est largement diminuée.
Enfin, les BRF ayant pour but de développer l’activité du sol, par les champignons, les bactéries, les insectes, les vers de terre… il est exclu d’appliquer des traitements (insecticides, fongicides) qui viendraient perturber le délicat équilibre qui est en train de se mettre en place.
Quels sont les avantages du BRF ?
- Amélioration de la fertilité du sol : c’est sa principale force et d’ailleurs on l’utilise même en restauration sur des sols dégradés, dans des conditions parfois extrême où il n’y a quasiment que de la roche ou dans des zones désertiques.
- Moins de parasites et de maladies : en stimulant la pédofaune, l’équilibre se maintient plus facilement
- Un meilleur contrôle des « mauvaises herbes » : même si sur ce point, les observations sont parfois contradictoires
- Des effets sur les rendements : parfois spectaculaires (plus 300% pour certaines cultures !), ils sont surtout dus à la résolution d’un problème de fond comme l’élimination d’un parasite
- Une plus grande réserve d’eau : la restructuration du sol avec l’activité biologique qui s’y déroule (champignons, bactéries, vers de terre, arthropodes….) permet une régulation de l’humidité. Une des caractéristiques les plus spectaculaires des BRF est la résistance à la sécheresse des cultures sur lesquelles il est appliqué.
- L’augmentation du taux de matière organique : la teneur du sol en humus augmente très vite, c’est ce qui permet de séquestrer durablement du carbone dans le sol grâce aux BRF.

Le Domaine Château Gaillard
en Martinique est accessible aux personnes en fauteuil roulant.